Bayanga, le village et les hommes

Un pêcheur Dzanga SanghaSitué à 10km de l’actuel Parc National Dzanga-Ndoki, le village de Bayanga abrite le siège de l’Administration de la Réserve Spéciale de Forêt Dense de Dzanga Sangha : le Projet Dzanga Sangha (PDS). C’est également ici que se trouve le Doli Lodge, lieu d’accueil et d’hébergement des touristes, situé sur les rivages de la rivière Sangha, point de départ des activités touristiques proposées par l’équipe écotourisme du PDS et par les guides touristiques communautaires.Vue ariénne de Bayanga

Le village de Bayanga est à l’origine un village de pêcheurs, actuellement habité par les Sangha-Sangha (pêcheurs) et les pygmées BaAka (chasseurs-cueilleurs).Bayanga figurait déjà sur les cartes de l’empire allemand en 1901. Durant les deux derniers siècles, la région de Bayanga a connu une forte évolution de sa population, attirée par un bassin d’emplois attrayant. Après la seconde guerre mondiale, la partie sud du territoire a connu l’installation de plantations de café et dans les années 70, ce sont des scieries qui ont été construites, exploitées successivement par différentes sociétés oeuvrant dans le commerce du bois.

Un match de football à BayangaAujourd’hui, déchu de ses habitants d’origine, Bayanga est habité par environ 4.000 habitants dont la majeure partie est une population d’immigrés (principalement en raison de la pauvreté) n’ayant pas une véritable cohésion sociale. Le Sango, langue nationale issue du Ngbandi (dialecte qui était parlé par les commerçants le long du fleuve Oubangui), est parlé par la plus grande partie des villageois. Cette langue pratiquée dans toute la RCA est un important facteur d’unité nationale qui facilite entre autre les mouvements migratoires.

Au temps des exploitations forestières, 350 personnes étaient employées sans oublier le commerce local qui était très largement bénéficiaire. Aujourd’hui, ce sont près de 200 personnes qui sont employées par le Projet Dzanga Sangha (employés fixes et employés temporaires confondus).

Avec la modernisation (électricité, voitures, motos, construction d’infrastructures routières etc.), Bayanga a perdu une Les gens de Bayangapartie de son mode de vie traditionnel. La majeure partie de la population vit aujourd’hui dans des maisons en bois coiffées d’un toit élaboré à l’aide de branches de raphia mais l’on peut encore voir les huttes traditionnelles pygmées aux abords du village. La visite des petits villages de Mossapoula et de Yandoumbe aux alentours de Bayanga (à 3 et 5 km) apporte une image plus authentique des modes de vies traditionnels locaux : des pêcheurs, des chasseurs et des agriculteurs cultivant essentiellement le manioc, le café et le maïs. Ces populations (principalement des chasseurs-cueilleurs BaAka) ont conservé pour la plupart leur mode de vie traditionnel et contribuent au charme de la région.